Montpellier, je m'y ennuyais, après avoir fait connaissance avec une Parisienne sympa, je n'avais rien à faire. Je décide donc de me diriger vers Toulouse, ville universitaire, mini Paris du Midi dont j'ai entendu d'excellents commentaires. Il faut considérer que je dois me rendre dans la Dordogne (près de Bordeaux) dans quelques jours. Impossibilité de réserver l'auberge de jeunesse par Internet et un peu téméraire de nature, je décide de m'y rendre sans réservations. Quoi, Toulouse, un jeudi soir de début mars, ça ne sera pas si occupé. De plus, il doit y avoir au moins 3-4 auberges dans la ville. Eh bien il se trouve que, non seulement il n'existe qu'une seule auberge de jeunesse à Toulouse, mais que celle-ci était pleine lorsque que je m'y suis présentée. La dame à la réception, typiquement française donc forcément un peu raide, voire chiante, ne s'avisa pas de me conseiller. Idiote que je suis, je souhaitais partir à l'aventure, et bien me voilà. Encore une fois, je me trouve seule dans une ville où je ne connais personne, ne sachant où passer la nuit, avec ce sac qui me pèse. Aucun choix , me ressaisir, après avoir versé quelques larmes (vous me connaissez tout de même) je me lance à la recherche d'un hotel "cheapo" pour dormir (j'avais réservé les 2 nuits suivantes à l'auberge de jeunesse).
Après quelques minutes de marche, j'aperçois l'écriteau de "l'hôtel Pierre". Bah, ça n'a pas l'air très classe, parfait pour ma situation quoi. Pas de réception, une pancarte indique de se présenter au bar du même nom. J'y arrive, endroit défraichît mais non sans charme, un beau barman aux rastas s'y trouvait, avec un client, un seul et unique client. Je leur demande s'il existe bel et bien un "hôtel Pierre", apparemment que non. La pancarte que j'ai vu est un vieux truc qui porte peut-être une valeur patrimoniale de nos jours mais qui n'indique certes pas la présence d'un lieu où coucher. Je m'effondre en larmes, encore une fois. Le client (au singulier), Yan de son prénom, aussi séduisant qu'un artichaut, m'oblige à m'asseoir. Il m'offre la bière (vous me connaissez, ce que j'adore qu'on me paye des trucs) et on commence à se raconter nos vie. Lui: 27 ans, Lyonnais d'origine, sans éducation, travaille en constrution, vit avec son ex et leur petite de 6 ans, traîne dans ce bar constamment, a jadis consommé certaines drogues et participé à des films pornos amateurs. Moi: 24 ans, fille à maman, voyage seule avec son sac à dos dans un but existentiel, sorte de psychothéapie à la fois plus rigolotte et trés éducative. Bref, le mec, malgré son apparence peu sophistiquée, me semble une personne fiable. Il me guide donc vers un hôtel abordable qu'il connaît, celui-ci s'avère complet pout la nuit.
Nous nous rendons donc à un autre tout près, Yan m'attend dehors pendant que je vais à la réception. Il reste une chambre, avec deux lits simples, 41 euros la nuit, putain mais c'est hors de mon budget. Un mec à mes côtés fait des blagues:
-"On peut la partager si tu veux".
Je le regarde, environ 26-27 ans, bien fringué, pas louche du tout.
-"T'es sérieux" dis-je, "mais non" il me répond.
"Vous me trouvez peut-être folle mais je ferais tout pour économiser, je suis une étudiante sans tunes." (j'en ai mis un peu)
"C'est parce que vous êtes Canadienne, forcément plus aventureuse et puis j'ai déjà été étudiant alors pourquoi pas. De plus, vous ne déboursez rien, c'est la compagnie pour laquelle je bosse qui paye. Voilà, c'est l'hospitalité française!"
C'est ainsi que j'ai passé la nuit sur le bras d'une compagnie française de production de viande destinée aux Musulmans. Pimpante, je suis donc allée rejoindre le "bad boy " Lyonnais dehors. Il m'a ramené au bar où j'étais atterrie en pleurs quelques heures auparavant, m'a gavé de tapas et de vin (le tout à ses frais). Après m'avoir complimenté toute la soirée sur ma beauté, mon naturel et mon audace (c'est pas peu dire non), il est gentiment venu me reconduire à l'hôtel. En le quittant, je lui ai donné un baisé sur la main en lui disant que j'avais rencontré un ange, il m'a regardé m'éloigner en disant qu'il regrettait de devoir me laisser partir. Je suis ensuite montée à ma chambre, ai discuté un peu des différences culturelles France/Québec avec mon voisin de lit: 25 ans, Marseillais d'origine marocaine, il a étudié en lettres puis en commerce et travaille depuis peu dans l'alimentaire. Je me suis ensuite endormie, crevée. Le mec a quitté vers 9h du matin en me souhaite bonne chance dans le reste de mes aventures en Europe.
Seule dans la chambre, je pleurais... de joie.
-"On peut la partager si tu veux".
Je le regarde, environ 26-27 ans, bien fringué, pas louche du tout.
-"T'es sérieux" dis-je, "mais non" il me répond.
"Vous me trouvez peut-être folle mais je ferais tout pour économiser, je suis une étudiante sans tunes." (j'en ai mis un peu)
"C'est parce que vous êtes Canadienne, forcément plus aventureuse et puis j'ai déjà été étudiant alors pourquoi pas. De plus, vous ne déboursez rien, c'est la compagnie pour laquelle je bosse qui paye. Voilà, c'est l'hospitalité française!"
C'est ainsi que j'ai passé la nuit sur le bras d'une compagnie française de production de viande destinée aux Musulmans. Pimpante, je suis donc allée rejoindre le "bad boy " Lyonnais dehors. Il m'a ramené au bar où j'étais atterrie en pleurs quelques heures auparavant, m'a gavé de tapas et de vin (le tout à ses frais). Après m'avoir complimenté toute la soirée sur ma beauté, mon naturel et mon audace (c'est pas peu dire non), il est gentiment venu me reconduire à l'hôtel. En le quittant, je lui ai donné un baisé sur la main en lui disant que j'avais rencontré un ange, il m'a regardé m'éloigner en disant qu'il regrettait de devoir me laisser partir. Je suis ensuite montée à ma chambre, ai discuté un peu des différences culturelles France/Québec avec mon voisin de lit: 25 ans, Marseillais d'origine marocaine, il a étudié en lettres puis en commerce et travaille depuis peu dans l'alimentaire. Je me suis ensuite endormie, crevée. Le mec a quitté vers 9h du matin en me souhaite bonne chance dans le reste de mes aventures en Europe.
Seule dans la chambre, je pleurais... de joie.
Merci Lyonnais paumé et merci jeune commerçant de viande... merci d'avoir vu mon désespoir.... merci.
1 commentaire:
que d'aventures! moi, j'ai presque brûlé mes toasts ce matin... c'était quelque chose, laisse-moi te le dire! quelle journée!
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